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Mon cheval doit-il voir un dentiste ?

Les dents du cheval poussent en continu, en s’usant de façon permanente, mais irrégulière. Il est donc impératif de râper les molaires et les prémolaires, environ une fois par an. En dehors de cet entretien régulier, la visite du dentiste est inévitable en cas de douleur dentaire aiguë, comme chez l’Homme !

Quelles sont les affections dentaires possibles chez le cheval ?

Quelques chiffres avant de commencer ! Le cheval a 3 incisives + 1 canine + 3 prémolaires + 3 molaires par demi-mâchoire, soit 40 dents, et la jument 3 incisives + 3 prémolaires + 3 molaires par demi-mâchoire, soit 36 dents. Les dents présentent une pousse continue, de 4-5 mm/an à l’exception des canines. La dentition définitive d’un cheval est complète vers l’âge de 5-6 ans.

• au niveau des incisives et des canines, les affections dentaires les plus fréquentes sont : une usure irrégulière des dents, une parodontose (dents qui bougent), un dépôt de tartre excessif, des dents cassées…

• au niveau des prémolaires et des molaires :

– les « dents de loup » correspondent à la persistance des premières prémolaires de lait ; elles sont souvent présentes sur l’arcade supérieure, plus rarement sur l’arcade inférieure (on les appelle alors « dents de cochon »). Elles sont gênantes chez les chevaux car elles viennent au contact du mors ;

– les pointes (aspérités pointues formées en avant de la 1ère prémolaire ou en arrière de la dernière molaire) et les surdents (aspérités pointues formées sur le bord des molaires, du côté externe sur la mâchoire supérieure et du côté interne sur la mâchoire inférieure) provoquent des blessures de la joue ou de la langue du cheval ;

– une denture en escalier (l’usure importante ou l’absence d’une dent provoque une croissance plus rapide de la dent opposée) ou en vague ;

– une denture lisse (usure excessive) ;

– des dents cassées…

Enfin, le cheval peut également présenter une mauvaise position des mâchoires : un prognathisme supérieur (ou prognathisme maxillaire aussi appelé « bec de perroquet ») ou inférieur (ou mandibulaire aussi appelé « gueule de bouledogue »). Le premier correspond à une position en avant de la mâchoire supérieure et le second à une position en avant de la mâchoire inférieure. Le prognathisme ne doit pas être confondu avec une mauvaise implantation des incisives. Ce défaut d’alignement des mâchoires entraîne un défaut d’occlusion au niveau des incisives, mais également au niveau des premières prémolaires et des dernières molaires, engendrant une usure différentielle des dents.

Comment savoir si mon cheval a mal aux dents ?

Il suffit de bien observer le cheval pour se rendre compte qu’il souffre de la bouche ou des dents. Au moment des repas, il mastique lentement ou de façon anormale (il penche la tête ou l’agite avec excès pour manger les aliments durs). Il bave et sa salive peut présenter des filets de sang provenant des gencives ou des lèvres. Il recrache des boulettes de foin ou de paille mâchouillées ou au contraire accumule les aliments dans ses joues comme un hamster. Il a mauvaise haleine, présente parfois un jetage nasal plus ou moins purulent. Des douleurs dentaires peuvent également provoquer des obstructions œsophagiennes, les aliments trop grossièrement broyés formant un bouchon avant d’arriver dans l’estomac, ou, dans les cas les plus graves, des coliques de surcharge. Enfin, le cheval présente une perte de poids plus ou moins importante car sa digestion est perturbée et les aliments ne sont pas bien valorisés dans le tube digestif.

L’observation des crottins permet aussi de récolter des indices : on note la présence de fibres longues ou des grains entiers non digérés.

Si le cheval est monté ou attelé, les affections dentaires sont encore plus évidentes : il cherche à éviter le mors lors de la pose du filet, se défend contre la main de son cavalier, grince des dents et encense (secoue la tête de haut en bas).

Qui peut intervenir sur les dents de mon cheval ?

Si vous suspectez une affection dentaire chez votre cheval, adressez-vous à un dentiste équin : il peut s’agir d’un vétérinaire équin spécialisé ou d’un technicien dentaire équin (non vétérinaire). Le diplôme vétérinaire n’est pas obligatoire pour pratiquer la dentisterie équine, mais seul un vétérinaire peut tranquilliser ou anesthésier un cheval. Et si l’affection dentaire résulte d’une affection générale, lui seul peut faire un diagnostic et prescrire le traitement adéquat.

La réalisation des soins dentaires nécessite des connaissances spécifiques et un matériel (pas-d’âne, râpe, lime…) adapté à la taille de la bouche du cheval.

Qu’est-ce que le dentiste peut faire dans la bouche de mon cheval ?

Avant toute chose, le dentiste équin procède à un examen soigné de l’ensemble de la bouche. Ensuite, selon les cas, il procède à un nivellement de la table dentaire et élimine les pointes et les surdents à l’aide d’une fraise électrique ou d’une râpe manuelle. Il extrait les dents de lait persistantes ou les dents adultes cassées à l’aide d’une grosse pince appelée davier. Il détartre si nécessaire. Il peut également créer un « siège du mors » (bit seat en anglais) pour améliorer le confort avec le mors et profiler les 1ères prémolaires de la mandibule afin de ne pas blesser le dessous de la langue.

À quel rythme faut-il faire intervenir un dentiste ?

Chez les jeunes chevaux (moins de 4 ans), deux visites par an permettent de détecter d’éventuels défauts et de surveiller la chute des dents de lait. Une visite avant le débourrage du cheval est fortement recommandée.

Chez le cheval adulte, en dehors de tout problème particulier, vous pouvez prévoir une visite par an. Il s’agit au minimum de râper les molaires et  les prémolaires afin de compenser l’usure irrégulière des dents.

Pour les chevaux âgés, une bonne hygiène bucco-dentaire augmente l’espérance de vie. Les visites doivent être aussi fréquentes que nécessaires. Et plus les séances de soins sont rapprochées, plus elles sont courtes, donc confortables pour le cheval !