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SDCC : Le syndrome de dysfonctionnement cognitif canin

Le vieillissement chez le chien peut entraîner l’apparition d’un certain nombre de troubles du comportement : anxiété, désorientation, perturbation du sommeil, perte des apprentissages… Tous ces symptômes sont assez proches de la maladie d’Alzheimer observée chez les personnes âgées, mais on parle plutôt chez le chien de syndrome de dysfonctionnement cognitif canin (SDCC) ou de trouble cognitif canin (TCC).

Est-ce que c’est fréquent ?

Selon une récente étude, environ 1/3 des chiens de 11-12 ans et 2/3 des chiens de 15-16 ans souffriraient de SDCC. Le risque augmente avec l’âge car le système nerveux, et le cerveau en particulier, est très sensible à l’oxydation cellulaire qui s’intensifie au fur et à mesure du vieillissement. Mais, comme pour la maladie d’Alzheimer chez l’Homme, le SDCC peut aussi apparaître chez des chiens plus jeunes.

Aucun lien n’a pu être mis en évidence entre la taille du chien et l’apparition des troubles (les gros chiens ne sont pas plus atteints que les petits). Il n’existe pas non plus de races prédisposées.

Quels sont les principaux symptômes du SDCC ?

Pour le maître attentif, qui connaît bien son chien, plusieurs signes peuvent attirer l’attention :

• des troubles du sommeil : le chien dort beaucoup dans la journée et, au contraire, a un sommeil agité la nuit ;

• une indifférence à son entourage : le chien est comme « ralenti », il ne s’intéresse plus à la vie de son maître, il ne recherche plus les contacts et les caresses, il s’isole, regarde le mur, le sol ou un point fixement. Dans certains cas, il peut se montrer agressif ;

• la désorientation : le chien semble ne plus reconnaître les personnes ou les endroits pourtant familiers. Il déambule sans but. Il reste « bloqué » dans un coin de la pièce. Il peut également perdre des apprentissages fixés depuis des années : il ne répond plus à son nom, à un ordre simple, il fait ses besoins dans la maison. Enfin, certains chiens éprouvent des difficultés à se nourrir, probablement à cause d’une diminution de l’odorat ;

• l’anxiété : c’est souvent le trouble principal du SDCC. Le chien est inquiet : tout changement même minime dans son environnement le perturbe. Il semble perdu dès que l’on sort de la routine quotidienne (changement de l’heure des promenades par exemple). Il peut également présenter une anxiété de séparation : il aboie, pleure, et fait des dégâts dans la maison dès qu’il est laissé seul, alors qu’il supportait très bien la solitude jusque-là.

Quelle est l’origine des symptômes ?

Sur le plan anatomique, au niveau du cerveau, le SDCC se caractérise par des dépôts anormaux de substance amyloïde, des lésions liées à l’augmentation du nombre de radicaux libres, une diminution de l’irrigation sanguine cérébrale, une diminution du nombre de neurones… Tous ces signes existent dans un cerveau de chien âgé « normal », mais ils sont plus importants chez les chiens atteints de SDCC.

L’autopsie des chiens malades montre aussi un amincissement du cortex cérébral, preuve qu’il s’agit bien d’une maladie neurodégénérative.

Comment confirmer le diagnostic ?

Le diagnostic de SDCC est souvent un diagnostic d’exclusion : le vétérinaire élimine d’abord toutes les causes médicales qui pourraient expliquer les changements de comportement. Un chien qui souffre d’arthrose par exemple peut devenir agressif si on le caresse sur des zones douloureuses. Un chien qui présente une cataracte et devient aveugle peut sembler désorienté dans les endroits qu’il ne connaît pas. Un chien sourd réagit forcément moins aux stimulations de son maître.

Un bilan « gériatrique » complet est donc réalisé, avec une prise de sang pour vérifier l’absence d’anémie, de troubles rénaux, de diabète…

Il existe une échelle d’évaluation spécifique du syndrome de dysfonctionnement cognitif appelée CADES (pour CAnine DEmentia Scale). Elle comprend 17 critères relatifs à quatre domaines (orientation dans l’espace, relations sociales, cycle du sommeil et propreté). Pour chaque critère, une note de 0 à 5 est attribuée, en fonction de la fréquence des comportements anormaux. Selon les résultats, les troubles sont classés en faibles, modérés et sévères. En cas de SDCC sévère, les chiens présentent des anomalies dans les quatre domaines.

Comment gérer un chien atteint de SDCC ?

Une fois que le diagnostic de SDCC est posé de façon certaine, il n’y a aucune amélioration à attendre : il s’agit d’une maladie neurodégénérative, l’état du chien ne peut qu’empirer, plus ou moins rapidement.

Même si cela est contraignant, il est préférable de maintenir une routine quotidienne dans la vie du chien, tous les changements, même mineurs, pouvant déclencher l’apparition de troubles anxieux. Il faut que ce soit les mêmes personnes qui s’occupent de lui, avec les repas et les sorties à heures fixes.

La stimulation mentale du chien est recommandée par le jeu, l’apprentissage de nouvelles tâches et un exercice physique adapté à ses capacités. Il est bien entendu inutile de punir le chien pour ses comportements indésirables.

Le vétérinaire peut prescrire des anxiolytiques si le chien se montre vraiment très anxieux. Il existe également des médicaments qui favorisent l’oxygénation cérébrale et stimulent le système nerveux. Ils peuvent ralentir légèrement la vitesse d’évolution de la maladie, mais en aucun cas ils ne la guérissent. Sur le plan alimentaire, l’ajout d’antioxydants et de triglycérides à chaîne moyenne à l’alimentation peut être bénéfique.

Lorsque les troubles du comportement deviennent ingérables, difficiles à supporter pour l’entourage, voire dangereux, il faut malheureusement se résoudre à envisager une euthanasie.

Peut-on prévenir l’apparition du SDCC ?

Une importante enquête menée en Slovaquie sur plus de 200 chiens a mis en avant le rôle important de l’alimentation : le risque de SDCC est multiplié par 2,8 chez les chiens qui reçoivent une alimentation « non contrôlée » (ménagère) par rapport aux animaux nourris avec un aliment industriel. Il faut donc accorder une grande importance à l’alimentation des chiens âgés et ne leur proposer que des aliments d’excellente qualité. La distribution de suppléments nutritionnels permettant de soutenir la fonction cérébrale peut également être très utile.

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